interview de Françoise

Portrait de Françoise

 

Françoise Dugourd Caput  habite au Pays Basque, un charmant petit village au nom imprononçable, que je vous laisse le plaisir de découvrir sur son site. Elle y a ouvert son atelier depuis Octobre 2016.

C’est une amie que j’affectionne tout particulièrement. Il en va ainsi de certaines rencontres, un sourire, des points communs, une entraide, un accueil chaleureux, de la simplicité….l’amitié tient à peu de chose mais qui sont importantes pour moi!!

Il était normal que je commence ma série d’interviews par elle et vous verrez en elle comme dans un livre ouvert après avoir lu son portrait chinois.

Le Portrait Chinois de Françoise:

Si j’étais un artiste illustre?   Zao Wu Khi , pour ses couleurs et sa passion
Si j’étais un tableau ?   Le déjeuner des canotiers pour la convivialité, la joie de vivre et la lumière
Si j’étais une sculpture ?   Le baiser de Rodin pour l’émotion et la beauté du couple
Si j’étais un musée ?   Orsay bien sur , les impressionnistes ont bercé ma création
Si j’étais une matière/un matériau ?   L’huile pour son onctuosité et ses transparences
Si j’étais un monument classé au patrimoine de l’UNESCO ?   Le canal du midi pour sa douceur de vivre
Si j’étais un philosophe ?   Bouddha pour sa sérénité et son sens de l’intériorité
Si j’étais une couleur ?   Orange, mélange du rouge passion et du jaune soleil
Si j’étais un lieu ?   Une plage au coucher de soleil

Dès ce portrait chinois, tout est dit: la joie de vivre, la convivialité, l’émotion, la légèreté, la sérénité qui n’exclue pas la passion voilà les traits de caractères que j’aime chez Françoise. Un portrait chinois quand il est fait spontanément ne ment pas!!

Une anecdote marquante:

Je me rappelle de mon premier salon professionnel, en 2007. Je venais de prendre la décision de me lancer à fond et j’ai été retenue pour le salon de Perpignan.

Je suis allée au vernissage et là j’ai reçu la plus grande claque de ma vie …. Mon travail, encensé par mes proches et mon entourage immédiat, a très mal supporté la comparaison avec des œuvres d’une grande créativité, de beauté dans l’expression, de couleurs, de formes … et là je me suis posée la question : je range les couteaux ou bien je travaille ….. Le doute a été fort mais la passion plus encore … et j’ai travaillé !

Aujourd’hui, même si les choses ne sont pas faciles, je ne regrette pas d’avoir fait ce choix quand je vois ce qu’il m’a permis de réaliser sur moi, ma détermination, mon imagination, ma curiosité et ma passion pour la peinture, à laquelle s’est ajoutée la peinture numérique et la photo.

 

Quel est ton parcours:

 -les Débuts

Enfant je dessinais pour tromper mon ennui, je reproduisais au crayon toutes les statues de la mythologie et les peintures qui illustraient les Lagarde et Michard …

J’ai toujours eu un crayon à portée de la main même lorsque j’étais infirmière, puis j’ai eu l’opportunité de faire mes premiers pas en peinture dans un atelier « loisir » où j’ai appris les bases techniques qui m’ont permis de me plonger dans l’univers de la couleur et des formes dans un travail figuratif et dans le portrait (qui m’a toujours été aisé et naturel) au pastel.

ma première interview                            l'interview du blog   Pastel

 

 

-l’évolution:

En 1991, quand j’ai quitté mon travail d’infirmière et que j’ai disposé de plus de temps, j’ai continué à explorer la peinture dans un groupe animé par une enseignante diplômée des Beaux-arts… et je continue toujours d’ailleurs avec beaucoup de plaisir à y interroger ma pratique et mes envies créatrices pour continuer à évoluer vers où me mène ma curiosité. En parallèle, j’ai fait mes premières expos.

                         

(Techniques Mixtes)

La traversée d’épreuves m’a conduite vers la psychologie et la psychothérapie que j’ai exercé pendant une dizaine d’année et cette expérience m’a considérablement enrichie et ouverte aux émotions, à l’écoute et à l’empathie.

Mon expression artistique a énormément évoluée durant cette période et a pris le chemin de l’abstraction, m’apportant une grande liberté ainsi qu’une libération dans le geste, dans l’émotion et la couleur. Je me suis déclarée à la Maison des Artistes en en 2007 mais je n’ai arrêté la psychologie qu’en 2010;

                                       

                                                    (Huiles)

Le côté artistique a pris le pas sur le côté médical à la suite d’un changement de lieu de résidence.

Actuellement je me consacre entièrement à la création au travers de la peinture, des arts numériques et de la photographie. J’ai atteint un rêve qui m’a habitée pendant de très longues années, même si c’est frustrant par moment, même si c’est déstabilisant , faire ce que j’aime par-dessus tout est une immense satisfaction.

portrait

(Peinture Numérique)

 

-son rêve:

Je rêve de faire ma place dans ce monde grâce à mon expression artistique, et quand je dis ma place c’est juste de pouvoir montrer mon savoir faire, ma créativité au public… De faire cette rencontre entre l’amateur d’art qui va avoir un coup de cœur et mon travail qui va le susciter, d’apporter ma contribution au plaisir qu’une personne peut avoir de posséder une œuvre qui l’embarque dans le rêve dès que son regard se pose sur elle …

Rien n’est plus gratifiant pour moi qu’une personne aime suffisamment un de mes tableaux pour l’acheter et l’avoir sous les yeux, dans son foyer, tous les jours de sa vie.

Mon rêve est aussi de continuer aussi longtemps que possible de faire ce que je fais et d’y trouver le plaisir que j’y trouve à ce jour.

 

Et bien sur… ma principale crainte en découle, c’est-à-dire de devoir arrêter un jour …

-ses techniques de prédilection:

J’ai débuté la peinture par la technique à l’huile au médium classique et j’ai beaucoup aimé mais en même temps j’ai été gênée par les odeurs et le temps de séchage … à l’époque les médiums alkydes n’existaient pas…

J’ai aussi testé le pastel sec, qui m’a beaucoup plu dans le portrait mais la complexité de la conservation du pastel a fini par me décourager. J’ai aussi testé l’acrylique qui me satisfaisait quant à la rapidité de séchage et les possibilités de travailler rapidement, rythme dont j’ai eu besoin un temps, mais j’ai fini par être rebutée par ce qui m’a attirée au début, justement séchage et rapidité … j’avais besoin de changer de rythme.

                          

(Acryliques)

J’admire beaucoup les aquarellistes qui font de la magie avec les pigments, l’eau et le papier, et j’ai aussi voulu tester … au début un vrai barbouillage mais, à travers le portrait, j’ai compris les subtilités de cette technique difficile et aléatoire …. De temps en temps je me fais plaisir avec mais ce n’est pas mon médium préféré.

J’ai aussi beaucoup aimé certaines œuvres numériques et ma curiosité m’a poussée à toucher ce domaine. Ce fut une révélation ! J’aime particulièrement, après avoir compris les contraintes du programme, les infinies possibilités créatrices de cet outil et j’ai eu la chance de rencontrer un imprimeur de talent qui fait un travail formidable, me permettant ainsi de sortir ce travail de l’ordinateur.

Je dis souvent que c’est magique, l’imagination n’a plus de limite d’expression.

De l’art numérique à la photographie il n’y a qu’un pas, grand certes car l’outil est très différent et plus complexe à gérer pour moi, et je l’ai franchi aussi avec passion, shootant avec délice ciels couchants, paysages de montagne mais aussi et surtout macrophotographies …

De là à vouloir réunir dans une même œuvre les différentes facettes de mon travail … et bien c’est encore un pas de franchi et j’apprivoise la composition entre les photos de mes peintures auxquelles j’ajoute des photos de personnes ou de lune ou tout autres sujets qui aura captivé mon regard, le tout mixé dans le  programme de peinture numérique , ajoutant effets et couleurs jusqu’à obtention de l’univers qui me trotte dans la tête.

La première conséquence de tout cela est que mon univers devient de plus en plus onirique et fantasmatique tout en y ajoutant des éléments figuratifs suggérés, compositions que je pose sur la toile ou  que je crée sur ma tablette sous la pointe de mon stylet … je me rends compte avec le temps que je marie dans chaque technique  les découvertes faites dans les autres et ça me fascine complètement, me fait vivre des moments hors du temps dans un espace intérieur nourri de mes expériences passées de vie, de création, de rencontres, d’inspirations diverses visuelles, télévisuelles ou cinématographiques, photographiques et de la nature qui m’entoure, le tout soutenu par les émotions qui me traversent à chaque instant.

 

A bâtons rompus:

Est ce que ton atelier est ouvert au public?    en projet.

Comptes-tu y enseigner?    c’est en projet aussi pour des stages de portraits et d’abstrait.

Tes expos préférées?    quelques grands salons mais aussi des salons régionaux tels que celui de Castelsarrasin, celui de l’expo du Château de Conti à l’Isle d’Adam où je viens de remporter un prix ou celui des Beaux Diables à Saintes.

A l’avenir lesquels feras-tu en priorité?    Les deux en parallèle.

Comment vois-tu ton avenir?    tranquille, mais je vais développer mon activité internet!!

Quelle est ta maxime préférée?

Si on me demandait de dire pourquoi je l’aimais, je sens que cela ne peut s’exprimer qu’en répondant: parce que c’était lui, parce que c’était moi!!

Parce qu’on peut appliquer cette citation aussi bien à un homme qu’à un projet ou à la peinture!!

 

 

Merci Françoise